Aurores

     

 

 

 

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Vendredi 13 juin 2008.


Double peine.


L’infâme traité de Lisbonne, que l’interactif Président français a fait ratifier en catimini par un parlement fantoche, vient d’être rejeté par les électeurs irlandais. Tristesse, gêne, mécontentement rivalisaient sur les visages par trop connus de journaleux pour qui ce rejet ne peut, comme en 2005, s’expliquer que par « un manque d’information », « la peur du changement », « l’ignorance », etc. Electeurs, bande de cons !
Succès éphémère : il en viendra d’autres, des traités, des mini-traités, des constitutions, des pactes proto-constitutionnels, des sous-directives, des sous-sous-sous mini-traités vendus par les mêmes technocrates, experts, spécialistes, journalistes et politiciens.

 


Etre chef, ça ne s’improvise pas, c’est un état d’esprit

 

Succès ambigu : parmi les partisans du non irlandais, on a beaucoup entendu les neutralistes locaux. Leur peur ? Que la rachitique armée irlandaise participe à des opérations menées dans le cadre de la future – et tout aussi rachitique – armée européenne. A voir comment l’armée française en sera bientôt réduite à ressortir les vieux 75, on peut imaginer que l’Europa korps aura fière allure… Même problème qu’avec le « non » français de 2005 : j’ai la conviction profonde que les électeurs, tant français qu’irlandais, n’ont pas voté contre l’UE mais contre leurs propres gouvernements. Le « non » conservateur – qui est le mien – et le « non » altermondialiste sont minoritaires. La jeunesse européenne, de Belgrade à Dublin en passant par Paris ou Bucarest, se fout bien de frontières et drapeaux. Vous verrez : dans dix ans, plus aucun Serbe de moins de cinquante ans ne parlera du Kosovo. Rouler en BM, avoir du fric, « aller à la découverte des autres cultures » vs prendre une kalachnikov et foncer sur Pristina : à Gattaca, on ne se bat pas, Monsieur, on jouit. Combat d’arrière-garde, donc, avec des alliés souvent méprisables. Nous nous contenterons de cela, du visage des « envoyés spéciaux à Bruxelles », de celui de Barroso, de celui du probable chef de la diplomatie européenne unifiée, Solana, de celui de tous les clowns qui viennent nous assurer que nous allons tous crever si nous n’acceptons pas de nous soumettre au Marché et au PACS. En attendant autre chose…

Pendant ce temps-là, à Berne, l’équipe de France de football se fait laminer par l’équipe des Pays-Bas. L’un des slogans de cet Euro est : « Not to racism ». Les commentateurs insistent jusqu’à la nausée sur le fait que les grandes équipes sont celles qui s’ouvrent à la « diversité ». Ta diversité, elle vient de prendre un cinglant 3 à 0. Après nous avoir torturés à coups de « black-blanc-beur », de « Zidane le Kabyle », nous attendons impatiemment la fin de cette compétition.


Soma

 

 

errimachine à fabriquer le chaos.

   
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