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Durban II : Un air de déjà-vu.

Imaginons une assemblée composée majoritairement de républiques bananières, de dictatures, de théocraties. Imaginons que cette même assemblée crée une sorte de commission réunissant des représentants de ces mêmes États, une commission ayant pour charge de combattre le racisme planétaire. Imaginons que lors de sa dernière session en 2001 cette commission, qui est en fait une Conférence, ait accusé Israël, les États-Unis et l’Occident en général d’être des entités racistes, criminelles, fascistes, j’en passe et des meilleurs, et cela sous un concert d’applaudissements et de « Mort aux juifs ! ». Il n’est pas nécessaire d’imaginer puisque cette grand messe des antisémites et anti-occidentaux pas anonymes existe bel et bien, qu’elle s’est déjà roulée dans sa propre fange, éclaboussant au passage des Européens muets comme à leur habitude, et qu’en plus, chose inouïe, elle s’apprête à remettre ça l’an prochain.

En 2001, il s’est trouvé quelques intellectuels pour dénoncer ses agissements. Mais il n’était pas de bon ton de les écouter puisque, comme nous l’apprenait, un peu plus tard, le brave professeur Lindenberg, les opposants à Durban I étaient d’odieux réactionnaires. A croire que le cri « Mort aux juifs » parle au cœur des progressistes européens, toujours prompts à soutenir les super victimes du tiers-monde, même quand ces dernières confondent une réunion onusienne et le Reichstag de 1938. En 2001, les journalistes nous avaient bien dit qu’il y avait eu dans cette métropole d’Afrique du sud quelques « dérapages » et « exagérations ». Dérapages ? Exagérations ? Mort aux juifs ! Mort à l’Amérique ! Mort à l’Occident ! Clap de fin, on remballe la sono et rendez-vous dans huit ans.

Sept ans plus tard, il se trouve encore des intellectuels - plus nombreux qu’en 2001 - pour s’inquiéter après consultation des travaux préparatoires de la quatrième session de la dite Conférence. En effet, plusieurs déclarations émanant de guignols bombardés superviseurs de Durban II ont de quoi révolter quiconque à un jour dans sa vie espéré que l’intelligence humaine et l’honnêteté intellectuelle n’étaient pas des mythes. Accusés Israël, Etats-Unis, Europe, levez-vous ! Levez-vous et préparez-vous à en prendre pour votre grade ! Interdire le port du voile à l’école : de « l’islamophobie occidentale » ; condamner fermement les pendaisons festives qui se déroulent dans les rues de Téhéran, ce serait ne pas respecter les lois et, pire, la « culture » iraniennes ; critiquer l’islam : du racisme, of course. Nul doute qu’il sera également question dans les mois qui viennent de la traite négrière, ce crime contre l’humanité, des « rafles anti-immigrés » organisées par les monstres européens et, bien sûr, des nazis juifs qui font de la bande de Gaza un immense camp de concentration. On parlera sans doute beaucoup de la guerre du Liban, de la seconde guerre d’Irak, de la méchante Serbie qui refuse de se laisser dépecer au nom du multiculturalisme – la salope ! Et l’on peut aisément prédire que la majorité des membres de la soi-disant élite européenne, et notamment française, salueront bien bas le verbe militant des orateurs de la Conférence.

Tandis que l’on s’interroge en France sur la possibilité d’accorder la nationalité française à la courageuse Ayaan Hirsi Ali – il est vrai que cela pourrait froisser, voire même « stigmatiser » par ricochets les musulmans de France, tandis que les médias français n’ont d’yeux que pour les enfants d’Ingrid Betancourt, Durban II prend lentement ses quartiers dans une indifférence quasi générale. Indifférence en Europe, parce qu’en ce qui concerne le tiers-monde Durban II est attendue avec impatience, comme on peut attendre l’occasion de cracher sur le monde du haut d’une tribune, comme un enfant crache sur le crâne d’un vieillard du haut d’un immeuble.
Ainsi, une motion pour le moins spéciale, défendue par les guignols susmentionnés, s’apprête à qualifier d’ « acte de racisme » toute attaque contre les religions. Entre des Européens sanctifiant les minorités présentes sur leur territoire et des politiciens du tiers-monde qui voient là un moyen facile de flatter leurs peuples serviles, cette motion, cadeau fait aux régimes corrompus et énième reddition des gouvernements européens, a de quoi séduire. Bien entendu, tout le monde aura compris que l’Islam sera le principal bénéficiaire de cette motion, et ce parce que les attaques dont il serait la cible mettraient en péril le vivrensemble, attiseraient un choc des civilisations – comme si ce choc n’était pas en l’état déjà évident. Nul doute que certaines sectes millénaristes américaines ou orientales, des évangélistes aux moonistes, en passant par les scientologues, profitent également de cette atteinte caractérisée à l’encontre de la liberté d’expression. Dans cette affaire, le plus pathétique (le plus comique ?) est que c’est sous la bannière des droits de l’homme que s’agitent certains conférenciers ! Ne saviez-vous pas que c’est pour protéger les droits de l’homme qu’un jeune immigré marocain a abattu Théo van Gogh ? Le caricaturiste danois de Mahomet n’a qu’à bien se tenir, une justice exemplaire sera bientôt à ses trousses.
Ou quand le masochisme le dispute à la schizophrénie.


Lancée par la LICRA, publiée dans Le Monde – symboles de cette la schizophrénie évoquée ci-dessus dans la mesure où ces deux officines n’ont habituellement de cesse de hurler contre la « stigmatisation » - une pétition entend mettre en garde les Français contre la tentation du « Nous ne savions pas ». Ce texte est fort juste mais oublie de préciser que le symptôme Durban II ne pourrait se manifester si l’Europe, ses élites et ses peuples possédaient encore une once de dignité et de respect pour eux-mêmes, si l’Europe, à l’instar du délégué canadien en 2001 – « valet de Washington » nous rétorqueront les élèves de maître Lindenberg, avait le courage et la force morale de dire que cette funeste farce ne vise qu’à « délégitimer l’Etat d’Israël et à déshonorer son histoire et la souffrance du peuple juif » et à se payer un beau spectacle anti-blanc sans risquer quoi que ce soit - si ce n’est d’être salué par la Communauté Internationale, avant de claquer la porte. Si l’Europe savait encore le sens du mot honneur.

Loïc Lorent

© aurores-2008

   
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